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GRANVILLE
SOUS L'OCCUPATION ET LE RÉGIME DE VICHY
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Sommaire
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[Un professeur et ses élèves]
[Un maître mot : la solidarité]
[Juin 1940 : la résistance avant
la Résistance]
[Granville sous l'occupation]
[Résister]
[L'assassinat de Maurice Marland]
[Liens]
[Maurice Marland
par Yann Le Pennec*]
[Commémoration du 25 juillet 2004]
[René
Heilig]
[Serge Marland]
[Théâtre : Les Voix de la
Résistance]
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Le
17 Juin 1940, les Allemands entrent dans Granville. Le 22 Juin, l'armistice est
signé, qui coupe la France en deux. A !'effondrement militaire succède
l'effondrement de la troisième République. Le maréchal Pétain obtient les
pleins pouvoirs et le nouveau régime lance la "Révolution
Nationale".
Deux
de ses fondements sont la xénophobie et l'antisémitisme. La nationalité française
est retirée à ceux qui ont été naturalisés depuis 1927 et des lois
successives, en Juillet, Août et Septembre 1940, limitent aux citoyens nés de
père français l'accès à certains emplois. Un article paru dans
l'hebdomadaire "le Granvillais" du 21 Septembre 1940 et signé "Camille"
s'élève courageusement contre ces mesures d'exclusion.
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| Patrouille
allemande (Coll. J.C Levesque) |
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| Convoi
allemand (Coll. JC Levesque) |
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| Troupes allemandes sur place Foch
(Coll. JM Santier) |
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Il annonce aussi le
statut des Juifs, alors en préparation.
Le premier, promulgué le 3 Octobre 1940 est partiellement publié dans
"l'Avenir républicain", journal de Granville le 26 Octobre. Cette
fois, les juifs y sont considérés comme "les responsables de notre
situation actuelle", Mais pour eux, le pire est à venir, lorsque les plans
de Vichy vont être remplacés par ceux des
Allemands.
En
effet, le 29 Mai 1942 le port de l'étoile jaune est imposé aux Juifs dans la
zone occupée et une série de mesures opèrent leur ségrégation dans la vie
quotidienne. A l'école primaire supérieure de Granville, la petite Micheline
Dreyfus essaie vainement de dissimuler l'étoile jaune sous son écharpe.
Deux
autres élèves de l 'EPS, Ruben Goldenberg et
Armand Bobulesco sont arrêtés, internés à Drancy et déportés, avec leur
famille, à Auschwitz, dans le convoi n° 42, le 6 Novembre 1942.
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Un
autre Granvillais, Smil Weesler, commerçant rue Alsace-Lorraine, d'abord envoyé
au camp de Mérignac près de Bordeaux, après son arrestation lors d'une
tentative pour passer la ligne de démarcation, a été emmené le 23 Septembre
1942 vers Auschwitz, dans le convoi n°36.
Aucun
de ces déportés ne reviendra........ Ainsi
ce sont huit personnes: Léon Bobulesco (54 ans) et ses deux fils Armand (22
ans) et Rodolphe (16 ans), Simon Goldenberg (54 ans), sa femme Minka (44 ans) et
leurs enfants Henri (13 ans) et Ruben(20 ans), Smil Weesler (51 ans) qui ont été
victimes de la barbarie nazie.
Les noms des Juifs granvillais déportés figurent dans la liste ci-dessous :
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Extraits d'un document fourni par le Centre de Documentation Juive
Contemporaine |
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Armand
BOBULESCO parmi une classe de l'EPS (1939) |
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Ruben
GOLDENBERG et Armand BOBULESCO avec
leurs camarades de l' U.S. Granvillaise (1941
- 1942) |
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| Armand
Bobulesko ci-dessus au milieu de la photo |
Convoi n°36 en date du
23 septembre 1942 :
Le
départ de
ce convoi est signalé, le 23 septembre, par un
télex rédigé par le SS
Heinrichsohn et signé par son supérieur, Röthke. Ce télex informe
ses destinataires, Eichmann
et le commandant d'Auschwitz, que le même jour, à 8h.55,le transport
901/31 a quitté la gare du Bourget/Drancy, emportant 1000 Juifs vers
Auschwitz; que le chef de transport est le feldvebel Ullmeyer. Le télex
signale également que le frère de l'ancien Président du conseil, René
Blum fait partie du convoi. On dénombre environ 200 enfants dans ce
convoi, qui compte 644 hommes, 342 femmes et 14 indéterminés. Plus de la
moitié (540) des déportés étaient Français; c'est ce que nous avons pu
constater à l’examen des
lieux de naissance ou de leur nationalité, quand elle est indiquée. Il y
a également près de 200 Juifs polonais. (…)
A
l'Arrivée à Auschwitz. 399 hommes sélectionnés avec
les matricules 65460 a
65858 et 126 femmes, matricules 20723 à 20848. 475 gazés. En 1945, 26
survivants.
Convoi
n°42 en date du 6 novembre 1942 :
De
même que pour le convoi n° 40, les documente cités, XXVc-192 du 31
octobre et du 2 novembre intéressent le convoi n°42. Quant au télex
habituel couvrant le départ du convoi 42, il porte la cote XXVc-193.
Rédigé par le SS Heinrichsohn, signé par son supérieur Röthke, il
signale à Berlin, à Oranienburg et à Auschwitz que le convoi 901/36 a
quitté la lare du Bourget-Drancy, le 6 novembre a
8h.55 avec 1000 Juifs en
direction d'Auschwitz; chef d'escorte, le feldwebel Ullmeier. Ce convoi
emporte 478 hommes, 504 femmes et 16 indéterminés. Parmi eux 221 enfants
de moins de 18 ans, dont 113 de moins de 12 ans. (…)
A
leur arrivée, le 8 novembre à Auschwitz,145 hommes furent
sélectionnés. Et reçurent les matricules 74021 174165. Ce nombre
indique que, comme pour
le convoi n°.40,il
n'y eut pas de sélection préalable à Kosel.
De même que le nombre des
survivants, qui n'atteint
que 4,en 1945. 82 femmes furent sélectionnées (matricules
23963
à 24044); aucune ne revint.
Source
: Centre de documentation juive contemporaine |
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Autres
victimes du nouveau régime: les communistes. Dans la nuit du 21 au 22 Juin 1941
,alors qu' Hitler lance ses troupes contre l'U.R.S.S, dans toute la France est
organisée une rafle de militants communistes. A Granville Léon Lamort, René
Loncle et Charles Passot, connus comme membres du parti sont arrêtés et déportés.
Aucun d'eux ne reviendra...
La
"Révolution Nationale", c'est aussi la suppression de toute forme de
représentation démocratique. A Granville, comme ailleurs, le conseil municipal
a été dissous. Un nouveau conseil, nommé par le préfet de la Manche, est
installé le 20 Mai 1942. "Ne regrettons pas trop le suffrage
universel" écrivait "l'avenir républicain" du 4 Avril 1941 ,
"il avait de bons côtés, certes, personne ne s'aviserait à le nier mais
que de catastrophes n'engendra-t-il pas! ".
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| LA
PRÉSENCE ALLEMANDE
Les
Granvillais ont
assisté, impuissants et stupéfaits à l'installation des Allemands. Ceux-ci
ont rapidement édifié des fortifications sur le Roc et autour du port dont
l'accès est interdit, sauf aux pêcheurs et aux dockers.
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| Sentinelles
allemandes sur le littoral et le port de Granville |
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En
Mars 1943, les occupants décident de faire de la Haute-ville une véritable
citadelle. Un arrêté du maire fixe la date limite de son évacuation par ses
habitants au 1er Avril 1943.
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-Avis
d'évacuation
de la Haute-Ville |
M. MARLAND, avec l'aide de quelques-uns de ses
élèves, déménage de la rue Lecarpentier à la rue des Juifs. Des barrières
vont interdire l'accès de la HauteVille et des barrages antichars vont être
édifiés dans plusieurs de ses rues.
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L'hôtel
Normandy transformé en Kommandantur
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LE C.O.S.I
Non
seulement Vichy entreprend d'exclure de la société étrangers et juifs mais
spolie ces derniers de leurs biens, quand ils en ont. De façon démagogique -
pour associer la population à sa politique raciste et alors que l'armistice a
jeté les bases du pillage économique de la France par l'Allemagne nazie -
Vichy fait mine de redistribuer les biens confisqués aux nécessiteux. Un des
organismes de cette prétendue redistribution est le C.O.S.I., comité ouvrier
de secours immédiat. A Granville la véritable nature, collaborationniste, du
C.O.S.I. ne tardera à apparaître à plusieurs de ses membres qui
démissionneront.
Le Comité ouvrier de secours immédiat,
ou Cosi, (1942-1944) était une organisation « sociale »
de la collaboration.
Le Cosi a été créé en mars 1942 par
Charles
Vioud, René
Mesnard (Rassemblement
national populaire ou RNP) et Jules
Teulade (Parti
populaire français ou PPF) à la suite de bombardements anglais sur
la banlieue parisienne(bombardement des ateliers de réparation de chars
allemands abrités par les usines Renault).
Il s'agissait officiellement d'aider les familles ouvrières sinistrées
par les bombardement (déblaiement, aide financière).
Dans l'esprit des autorités, le Cosi était cependant surtout un outil
de la propagande du régime
de Vichy et de la collaboration
envers les milieux ouvriers.
Plus grave encore, les sommes généreusement redistribuées aux
familles de sinistrés ont pour une bonne part été prises sur les
biens spoliés aux juifs. Le Cosi est ainsi financé à sa création par
100 millions de francs prélevés sur une « amende » d’un
milliard prise au juifs au prétexte d’un "attentat" de la résistance.
Ce sera aussi notamment le cas à Granville ([1]).
Le Cosi a réussi à attirer quelques
vieux routiers de la gauche syndicale, d'anciens syndicalistes présents
au RNP
et au PPF
(qui se disputèrent sa direction compte tenu des sommes à
redistribuer), des membres du Parti
ouvrier et paysan français (ex : Berrar), etc.
Le Cosi et le Parti
ouvrier et paysan français (POPF)
(composé d'un bon nombre d'anciens élus communistes) furent les
principales organisation collaborationnistes issues de la gauche révolutionnaire
(anarchistes, communistes, syndicalistes révolutionnaires).
Sources
- La collaboration... à gauche
aussi, R. Handourtzel et C. Buffet, Ed. Perrin, Paris, 1989.
- Partis et mouvements de la
Collaboration par Pierre Philippe Lambert et Gérard Le
Marec,
1993.
- Dictionnaire
biographique du mouvement ouvrier français de Jean
Maitron.
- Tentative de conditionnement de
la main-d'œuvre sinistrée : l'action du Comité ouvrier de
secours immédiat (COSI) en Seine-Inférieure, John Barzman
(Université du Havre). Communication au Ve colloque du groupement
de recherche (GDR) 2539 du CNRS sur " Les Entreprises françaises
sous l'Occupation " (8-9 juin 2006, Université de Dijon).
- Archives de l'INA : [6]
et [7]
document extrait de http://fr.wikipedia.org/wiki/Comit%C3%A9_ouvrier_de_secours_imm%C3%A9diat
Voir aussi sur le même sujet
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LES COLLABORATEURS
Peu nombreux semblent être, à Granville,
les adhérents des mouvements de collaboration (PPF: Parti populaire Français.
MSR : Mouvement Social révolutionnaire. RNP:Rassemblement National populaire de
Marcel Déat) ou les membres de la milice.
Les
lettres de dénonciation interceptées à la mairie par un membre du groupe
MARLAND n'ont pas été le fait de collaborateurs convaincus mais plutôt le
résultat de vengeances personnelles, de rivalités familiales ou de voisinage:
"ces torchons venimeux accusant tel ou tel de forfaits plus ou moins graves
dont, la plupart du temps il est innocent…" écrit le journal de
Granville du 6 Février 1942.
M. MARLAND était la proie toute désignée des collaborateurs : l'un
d'eux, résidant à Granville, fit parvenir à l'hebdomadaire parisien "Au
Pilori" un article virulent et calomniateur, qui parut le Jeudi 25 Mai
1944. A la même période, M. MARLAND essayait de se renseigner sur les
activités locales du P.P.F en y infiltrant un de ses agents.
. Article
du Pilori
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