Lettres-Histoire
Académie de Caen |
|||
| |
|||
|
Accueil
| |
|
Espace IEN | |
|
Espace élève | |
|
COMPTE-RENDU DU COLLOQUE INTERACADEMIQUE « LES NOUVEAUX TERRITOIRES
DE LA FRANCE ET DE L’EUROPE ». |
|
Liens internes |
Liens
externes |
|
Site
de la DATAR (menu "accès enseignant" |
||
Pays du Bocage Ornais |
||
La
première journée : jeudi 10 mars 2005 |
Cette première journée est présidée par M. Tristan Lecoq, Inspecteur général de l'Education nationale.
|
Matinée |
« LES NOUVEAUX TERRITOIRES : ENJEUX CIVIQUES ET EDUCATIFS ».
Ouverture du colloque
Dans son propos d’ouverture, M. Tristan Lecoq part de
l’idée que la question des territoires (et du développement
durable) de marginale jusqu’alors doit devenir centrale dans l’enseignement
de la géographie.
En effet, la vision des territoires est trop souvent ancienne, voire dépassée,
essentiellement déductive et généralement coupée
des acteurs, d’où un décalage par rapport aux réalités
des territoires.
Selon lui, à l’heure de la « reterritorialisation »
des sociétés (avec de l’émergence de nouvelles formes
d’organisation territoriale, nouveaux cadres de gestion et d’appropriation
des territoires), l’Education nationale doit s’emparer de ce sujet
afin de former les futurs acteurs et gestionnaires de ces territoires que sont
les élèves.
Aussi, définit-il les trois principaux objectifs du colloque
:
1/ préciser les enjeux éducatifs et civiques des territoires ;
2/ mettre à jour les connaissances sur ces territoires ;
3/ définir des stratégies d’enseignement de ces nouveaux
territoires.
Conférence introductive
Tristan Lecoq laisse alors la parole au recteur de l’académie de
Caen M. Jean-Baptiste Carpentier. Celui-ci livre ses réflexions
sur les relations complexes au territoires des établissements scolaires.
Il affirme que l’échelon régional est l’échelon
pertinent pour mener une réflexion sur l’organisation des territoires
scolaires.
M. le Recteur propose ainsi deux séries de réflexions
:
1/ Comment organiser pour développer ?
Il propose ainsi l’élaboration de nouveaux schémas pour
optimiser les moyens et favoriser la cohérence d’une pédagogie
d’ensemble. Car, pour lui, les contraintes géographiques liées
aux circonscriptions (canton par exemple) peuvent être facteur de rigidité.
2/ Quelle est la bonne unité de découpage scolaire ?
M. le Recteur met en parallèle les Bassins de formation de l’INSEE
et le Bassins d’Education Concertée (BEC) et constate que ces derniers
ne sont pas forcément les unités structurantes les plus pertinentes
pour mener une réflexion ou un dialogue (avec la région par exemple).
Selon lui, il est possible de réfléchir à de nouvelles
dynamiques.
Conférence de Jean François-Poncet
M. Jean François-Poncet, ancien ministre, sénateur,
président de la délégation du Sénat à l’aménagement
et au développement durable du territoire, se fait d’abord l’écho
des propos de M. le Recteur en faisant état de l’écart existant
entre les sensibilités locales et les exigences de rationalités.
L’exposé qui suit est alors axé sur la réalité
: qu’est-ce qui a changé dans l’aménagement du territoire
depuis les années 1960 ? Quelles sont les raisons de ces évolutions
?
Dans un premier temps, il s’intéresse aux modifications du contexte
qui conditionne la politique d’aménagement du territoire. S’agissant
des données économiques, le sénateur évoque l’effacement
progressif des frontières (aux niveaux européen et mondial) ainsi
que la tertiarisation croissante de l’économie, phénomènes
qui ont eu des conséquences décisives sur l’aménagement
du territoire.
Il s’attache ensuite à répertorier les nouvelles attentes
de la société en termes de développement, préoccupation
centrale des élus locaux.
Il en énumère principalement quatre :
1re attente, le besoin de « vivre et travailler au pays »
;
2e attente, l’environnement qui manifeste la volonté de
vivre dans un cadre de vie accueillant ;
3e attente, l’enracinement local qui marque l’ascension
de nouveaux territoires ;
4e attente, la réhabilitation de l’espace rural qui redevient
attractif.
Dès lors, M. Jean François-Poncet peut s’interroger sur
les nouvelles politiques d’aménagement du territoire : comment
tiennent-elles comptent des modifications évoquées ?
Il constate ainsi que si la problématique initiale du rééquilibrage
du territoire français n’a jamais été véritablement
oubliée, l’aménagement du territoire doit désormais
tenir compte de logiques territoriales de plus en plus complexes et trouver
de nouvelles solutions face à la concurrence accrue entre les territoires
consécutive à l’effacement des frontières.
En ce qui concerne les acteurs, M. le sénateur prend acte du partage
des politiques depuis la loi de décentralisation de 1982. Il considère
celle-ci comme étant globalement positive car elle a eu pour effet de
mobiliser les élus locaux sur les projets de développement économique.
Et, même si les concurrences engendrées ont parfois été
excessives, elles ont généralement été fécondes.
Il estime que les problèmes qui existent restent secondaires au regard
de l’impulsion donnée au développement.
Quant aux principales conséquences négatives, il évoque
notamment les inégalités entre les collectivités liées
aux recettes fiscales avec la formule suivante : « l’argent des
riches aux riches, l’argent des pauvres aux pauvres », et se déclare
partisan d’une péréquation des ressources.
L’Etat, quant à lui, doit rester le « stratège du
territoire », le garant des grands équilibres ; il doit rendre
les régions internationalement attractives.
Enfin, l’acteur européen intervient notamment à travers
le volet réglementaire (pour éviter les discriminations) et à
travers le volet financier (les fonds structurels).
En conclusion, M. Jean François-Poncet insiste sur l’importance
du volontarisme dans le domaine de l’aménagement et du développement.
Il termine sur ce qui lui semble manquer le plus : l’intelligence, la
recherche, domaine qui doit, selon lui, permettre à l’EN de devenir
un acteur à part entière du développement régional.
| Après-midi |
« LES NOUVELLES CARTES DES TERRITOIRES DE LA FRANCE : LE JEU DES
ACTEURS ».
Etat des lieux
M. Pierre Poupinet, chargé de mission au secrétariat
général pour les affaires régionales dresse un état
des lieux sur le thème des « nouveaux territoires et l’action
publique ». Dans un premier temps, il évoque les nouveaux
territoires en distinguant les territoires subis, circonscriptions administratives
et zonages divers, lieux d'application de la discrimination positive (zones
de rénovation urbaine et rurale par exemple) et les territoires choisis
qu’il a définis comme des territoires fonctionnels, « biologiques
», basés sur les bassins de vie ou bassins d’emploi.
Cette courte présentation est suivie d’un rappel historique sur l’aménagement du territoire en France. Pierre Poupinet met ainsi en évidence la disparition de la notion d’aménagement du territoire née avant la crise des années 1970 au profit de la notion de développement local (avec l’appel à projet sur les « pays », en 1977). Depuis la loi Defferre sur la décentralisation de 1982 jusqu’à la loi de 2000 sur les « pays », un cadre législatif a été élaboré favorisant l’apparition de territoires organisés (les communautés de communes ou les pays) et des territoires spontanés (qui naissent à l’occasion de la réalisation d’un projet à un moment donné). S’ensuit aujourd’hui une période de recomposition des territoires où, d’un côté, on a des citoyens qui veulent « faire bouger les choses », faisant des nouveaux territoires « une notion choisie plus que subie » et, d’un autre côté, les acteurs publics dont on se demande s’ils sont prêts à répondre aux projets locaux.
Se pose finalement la question de la coordination des projets locaux et de
l’action publique. Trois facteurs sont, selon M . Poupinet, susceptibles
de faciliter cette coordination :
- la proximité entre les citoyens et les acteurs publics ;
- la globalité des approches ;
- le partenariat devant déboucher sur des actions concertées,
coordonnées et contractualisées.
Le chargé de mission au SGAR termine son intervention en notant que les nouveaux territoires sont le résultat de l’évolution de la société et de l’histoire. Il insiste enfin sur le fait que les acteurs publics doivent se repenser et repenser leur culture pour l’orienter vers une culture de l’évaluation et du résultat.
Table ronde 1 : témoignages d'acteurs
Une table ronde faisant appel aux témoignages de différents acteurs
de ces nouveaux territoires (Mme Brigitte Le Brethon, maire
de Caen, députée du Calvados, présidente du SCOT Caen-métropole
; M. Ambroise Dupont, sénateur, vice-président
du conseil général du Calvados ; M. Jean-Michel Blanchard,
vice-président de la CCI de Caen, président du MEDEF de Basse-Normandie
; M. Marc Esnault, directeur du GIP ADECO-pays du Bocage et
M. Michel Dumaine, maire de Messei) se tient ensuite. A travers
leur expériences respectives, les intervenants se voient confier la tâche
de rendre claire la notion de « nouveaux territoires » aux futurs
citoyens que sont les lycéens.
Point pédagogique
La journée s’achève par un point pédagogique sur
« Les nouveaux territoires et les programmes scolaires »
par Mme Micheline Hagnerelle, IEN, enseignement général
et M. Gérard Granier, inspecteur d’académie,
IPR.
Il est d’abord rappelé que le « territoire » est une
notion centrale en géographie. Or, dans les programmes, la notion est
inégalement présente. Terme relativement récent en géographie,
la notion monte néanmoins en puissance depuis une trentaine d ‘années.
Cependant, les définitions actuelles sont souvent contradictoires.
En fait, deux acceptions doivent être retenues : une acception politique
et une acception comportementale qui s’apparente au territoire vécu
(par un individu, un groupe).
Ceci ayant été dit, quelle est la place du « territoire » et des « nouveaux territoires » dans les programmes actuels ?
Il apparaît que dans les programmes du collège et du lycée,
la notion de «territoire » tient une place grandissante.
Si la notion est très peu présente au collège (en 4e et
en 3e, on parle d’ « Etat » et non de « territoire »,
au lycée général et technologique, la notion a une place
plus importante.
En seconde (programme de 2001), si « les territoires » semblent
être une des notions de base, en fait, la notion est peu explorée
et sert essentiellement de cadre pour des objets d’étude.
En première, le « territoire » est une notion centrale
; le programme fait explicitement référence aux « acteurs
spatiaux ».
En terminale, la notion est moins fortement présente. On y évoque
la confrontation possible de la notion de « territoire » à
la notion de réseau.
Quant aux documents d’accompagnement, pour la classe de première,
la définition d’aménagement du territoire est donnée.
Pour les séries technologiques (STG) le thème 2 doit traiter des
« nouveaux territoires ».
Concernant le lycée professionnel, la place du «
territoire » varie en fonction de la date de rédaction des programmes.
En BEP (programme de 1992), le « territoire » est
absent, par conte l’« aménagement est une notion-clé
des programmes de seconde et de terminale.
En baccalauréat professionnel (programme de 1995), le
« territoire » est très présent, notamment en première
où la notion est centrale avec celle d’aménagement du territoire
(« Les citoyens et leurs territoires ») ; la finalité civique
y est donc très marquée.
En CAP (programme de 2002), dans le thème 1 («
Du mondial au local : les territoires contemporains »), la notion est
centrale.
Cette lecture des programmes s’achève par quelques pistes pour une meilleure prise en compte de la notion de « territoire(s) » dans l’enseignement de la géographie.
Pour s’en tenir au lycée professionnel, en CAP,
il est tout à fait envisageable de proposer des études de cas
sur les « nouveaux territoires » quand le thème 1 est abordé.
En BEP, malgré l’ancienneté de la date
du programme, la notion de « développement durable » est
introduite, ce qui laisse quelques opportunités.
En baccalauréat professionnel, il est possible de décloisonner
les sujets d’étude et de bâtir des études de cas centrées
sur les nouveaux territoires avec des problématiques pour enrichir les
notions appartenant au programme.
Conférence de Philippe Duron (à venir)
La journée s'est achevée par une conférence de M. Philippe Duron, président de la région Basse-Normandie sur le thème des "Nouvelles donnes de l'aménagement territorial".
La
deuxième journée : vendredi 11 mars 2005 |
La journée est présidée par M. Michel Hagnerelle Inspecteur général de l'Education nationale, doyen du groupe histoire et géographie.
| Matinée |
« LES TERRITORES DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE : PERSPECTIVES ET PROSPECTIVES »
Conférence de Guy Baudelle
La journée commence par une conférence de Guy Baudelle, professeur chaire européenne Jean Monet, Université de Rennes II, sur le thème des "nouveaux territoires : une nouvelle frontière pour l'Europe ?"
En introduction Guy Baudelle pose deux questions :
- Qu'est-ce qu'un territoire ?
- 1re acception : une portionde l'espace terrestre administrée par une autorité
- 2e acception : une portion de l 'espace terrestre à laquelle les habitants s'identifient
Dans les deux cas, il s'agit d'une appropriation. Il faut que le territoire devienne un espace dont les habitants se sentent membres.
Qu'est-ce qu'un "nouveau territoire" ?
- c'est une nouvelle maille de gestion ;
- c'est un territoire existant aux limites modifiées ;
- c'est un territoire d'un nouveau genre s'appuyant sur des formes nouvelles d'administration et de gestion.
I- L'Union européenne comme nouveau territoire.
L'Union européenne est une construction territoriale inédite.
C'est un processus permanent qui s'appuie sur des valeurs et pas seulement un espace de libre-échange.
C'est un modèle "sui generis" qui est en recherche constante d'innovation, d'intégration croissante.
La question se pose des limites de l'UE : jusqu'où va aller l'Europe ? L'UE n'a pas de limites a priori. Elle se définit par ses liens et sa cohérence interne : c'est une totalité qui fait système.C'est donc moins une question de géographie que de valeurs (paix, liberté, justice, démocratie...).
Le processus d'intégration officielle se fait par :
- des accords "européens" ;
- des accords de partenariat et coopération ;
- des accords de stabilité et d'association.
L'appronfondissement institutionnel et géographique représentent une double frontière : aujourd'hui l'élargissement n'empêche pas l'appronfondissement ; en effet, le principe de cohésion prend en compte les inégalités territoriales.
II- Les enjeux spatiaux.
L'UE est fondée sur le principe du libre-échange : la suppression des droits de douane accroît le potentiel d'interaction spatiale.
Les tendances spatiales sont les suivantes :
- la concentration du développemnt sur les régions centrales au détriment des régions périphériques ;
- la diversification des économies nationales ;
- la spécialisation régionale ;
- les divergences régionales au sein des Etats.
Or les inégalités sont déjà considérables. Depuis 1986, la politique régionale communautaire rend éligible aux fonds structurels de nouveaux territoires. Une nouvelle politique pour l'attribution de ces fonds est actuellement projetée. Elle a trois objectifs :
- un objectif de convergence en faveur des régions les plus pauvres ;
- un objectif de compétitivité régionale et d'emploi ;
- un objectif de coopération territoriale.
III- Les nouveaux territoires de coopération.
Ces espaces sont des "petites Europes" qui donnent lieu à des expérimentations, notamment du point de vue de l'interaction entre les régions frontalières : en fait, plus les écarts sont grands plus il y a de flux entre elles.
Les formes juridiques de ces coopérations sont multiples ; le modèle le plus courant étant celui des euro-régions.
Quelle évaluation faire de ces coopérations ?
Le bilan est ambivalent (intégration et désintégration). En tout état de cause, les coûts de coopération doivent être inférieurs aux coûts de transaction.
En terme de prospective, plusieurs scénarios sont possibles :
- les zones frontalières deviendront des zones ;
- l'éclatement de l'unité nationale ;
- des intégrations régionales inégalitaires ( les régions les plus puissantes pouvant coopérer plus facilement).
En conclusion : "Au diable les territoires pertinents !"
- il ne faut pas focaliser sur les nouveaux territoires de coopération ;
- il ne faut pas rechercher d'effet immédiat ;
- l'essentiel est dans les perspectives ouvertes ;
- certains territoires présentent des perspectives de projet, reposant sur l'initiative, le partenarait et le contrat.
Table ronde 2 : "De la France à l'Europe..."
Une table ronde intitulée : "De la France à l'Europe : les cartes régionales redessinées" est ensuite animée par Tristan Lecoq.
Ce dernier insiste sur l'ambivalence du terme de "région". Il propose trois problématiques aux différents intervenants :
1) Quels sont les nouveaux producteurs de territoires ?
2) Quelle inscription des nouveaux espaces de référence dans des espaces plus vastes ? Pour quelles activités ?
3) Quelle intégration de ces territoires régionaux français dans un système européen ?
Pour Jean-Marc Lacave, directeur général du port autonome du Havre, la concurrence avec les ports du nord de l'Europe (Anvers, Rotterdam et Hambourg) nécessite d'étendre l'influence du port du Havre vers les villes européennes de Munich, Bâle et Milan (pôles dynamiques de la "banane bleue").
Jean-Pierre Gohel (directeur du Pôle Universitaire Normand Le Havre-Caen-Rouen), pour sa part, donne trois priorités au P.U.N. (qui compte 70 000 étudiants, 4 000 enseignants et chercheurs, 130 laboratoires de recherche, et propose 800 diplômes différents) :
- soutenir et développer les activités de recherche ;
- élargir et coordonner l'offre de formation ;
- participer au développement local.
Présentation des prospectives de la DATAR
A l'issue de la table ronde, Tristan Lecoq, a présenté les prospectives territoriales de la Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale (D.A.T.A.R.).
Il est parti du constat que les territoires étant de plus en plus nombreux, l'échelon interrégional peut s'affirmer comme un espace de référence.
La D.A.T.A.R. propose une structuration de l'espace français en six grands territoires associés à une thématique :
- le grand Sud-Est représentant une place touristique mondiale ;
- le pays du Nord appartenant à un anneau urbain transnational ;
- le grand Ouest caractérisé par une armature urbaine bien structurée ;
- le grand Est structuré par les transports ;
- le grand Sud-Ouest s'appuyant sur l'économie du "mieux vivre" ;
- le Bassin Parisien à vocation interrégionale.
Les conclusions auxquelles il parvient montre que ces nouveaux territoires ne se valent pas. Par ailleurs, l'Europe compte une majorité d'Etats décentralisés dans lesquels les régions disposent souvent d'une autonomie leur permettant une politique propre. L'Etat cesse alors d'être le point central de l'organisation territoriale. Finalement la concurrence, s'exerce aux échelons national et européen entre les différents systèmes territoriaux.
| Après-midi |
« LES PERSPECTIVES PEDAGOGIQUES ».
Synthèse et perspectives pédagogiques
A la suite d'un travail en ateliers sur les démarches d'enseignement, les ressources et les stratégies de formation, les participants au colloque se sont retrouvés en assemblée pleinière. Michel Hagnerelle a propose une synthèse et des perspectives.
Il a d'abord rappelé que ce colloque s'inscrivait dans un mouvement de rénovation globale de l'enseignement de l'histoire et la géographie allant du primaire à l'université.
Aujourd'hui, cette mutation est avancée pour la géographie : elle est recentrée sur l'espace et les territoires ; elle est davantage axée sur l'aménagement et l'organisation du territoire ainsi que sur l'environnement et le développement durable ; elle propose des entrées par études de cas.
La situation de l'éducation civique et de l'ECJS est, quant à elle, insatisfaisante : les démarches et les programmes sont parfois inadaptés. Il est nécessaire de mener une réflexion globale sur le parcours civique du primaire au lycée.
En histoire, il faut relancer la réflexion sur l'enseignement, les objectifs et les démarches à mettre en oeuvre.
Quelles sont les types d'actions à conduire ? Elles sont au nombre de trois :
1) enseigner les "nouveaux territoires" ;
2) définir une stratégie pédagogique en trois axes :
- infléchir les contenus d'enseignement (poser de vraies problématiques),
- infléchir les façons de traiter les programmes (revoir les progressions annuelles ; reconcevoir les programmes),
- infléchir les démarches à propos des études de cas (travailler sur les nouveaux outils; intégrer les acteurs).
3) se doter d'une stratégie académique de formation et d'information (mobiliser des ressources documentaires nouvelles, des partenariats, des structures de travail nouvelles ; prévoir un plan de diffusion d'informations académiques ; se donner une stratégie de formation initiale et continue).