
Du XI eau XIVe siècle, les campagnes connaissent de profondes transformations. Les paysans assèchent le marais, ils défrichent les espaces boisés en bordure des clairières. Pour attirer les paysans dans leurs forêts les seigneurs promettent des taxes moins lourdes. Les paysans utilisaient les haies plissées( avec des branches à demi coupées et entrelacées ) pour limiter leurs champs ( d'où certains noms de village comme" le Breuil " ou "Le Plessis ").
Ils pratiquaient l'assolement triennal : une sole en céréales d'hiver(le blé), une autre en plantes moins exigeantes (comme l'orge ou l'avoine ) et la troisième était laissée au repos sous forme de jachère.
Plus tard la jachère fût finalement remplacée par des plantes fourragères.
Au XIXe siècle les parcelles furent agrandies et l'élevage laitier avec ses larges parcelles d'herbe remplaça progressivement la culture des céréales.
Au XXe siècle ces parcelles furent encore agrandies avec le remembrement, la mécanisation et la diminution du nombre d' agriculteur.
Le bocage a beaucoup évolué, il a aussi quelquefois presque disparu.
L'élevage est l'activité principale du bocage: des troupeaux de vaches, de bœufs et de chevaux pâturent les herbages. Les terres du haut pays, sont parfois réservées à la culture de céréales . Après avoir brouté, les vaches vont se mettre à l' abri de la haie pour ruminer tranquillement . Pendant une grande partie de la journée , surtout lorsque le soleil tape fort, les animaux s'abritent prés de la haie. C'est aussi près de la haie que des animaux, sauvages ou domestiques, se réfugient en cas de tempête ou de grand froid. En Automne, les gelées y sont plus tardives et l'herbe y reste verte plus longtemps. Au cours d'une opération de remembrement, les agriculteurs d'une commune peuvent par l'échange et la redistribution des parcelles, étendre leur terrain : de nombreuses haies sont alors supprimées. Souvent même, celles qui existent en bordure de routes ou de chemins subissent le même sort : toutes ne gênent pourtant pas le passage des engins agricoles.
| Les haies servent à délimiter les champs.Elles sont un ensemble d'arbres, d'arbustes, et d'herbes qui poussent ou sont plantés sur une longue et étroite bande de terrain .Les haies font partie d'un type de paysage que l'on appelle le Bocage. Elles servent à protéger du vent les cultures qui poussent dans les prairies. En Normandie, en Bretagne , mais aussi d'autres régions, les haies surmontent les talus le long des chemins, en bordure des routes ou des fossés. | ![]() |
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Une haie dense, qui atteint dix mètres de hauteur, peut réduire les effets du vent jusqu' à 200mètres : la distance protégée est équivalente à 10 à 20 fois la hauteur de la haie. Les plantes cultivées sont ainsi moins secouées par le vent. Dans d'autres régions, il existe aussi des "haies montées " constituées de murets de pierres ou d'épineux coupés et tressés entre eux . |
Le paysage typique de l'Ouest de la France est formé de champs entourés de haies : C' est le bocage. Pendant deux ans une épidémie de graphiose a atteint les ormes. Cette maladie a supprimé l'essence de l'orme de ce paysage. La haie était un élément économique de la vie paysanne car elle fournissait également du bois. Elle est aussi essentielle à la protection des animaux et des sols. Pour le plaisir de nos yeux, pour la sérénité de nos séjours à la campagne, il est aussi important que la haie soit entretenue : n'y a t-il pas là un débouché pour de nouveaux emplois ?
La faune est un ensemble d'animaux qui vit dans une région. On trouve des animaux dans le bocage , car ils aiment vivre dans la haie . Elle nourrit de nombreux animaux en fournissant :
-des graines pour les oiseaux,
-des feuilles pour les lapins,
-des fruits pour les rongeurs, etc...
De nombreux animaux se servent de la haie comme d'une habitation:
-les oiseaux y construisent des nids,
-les abeilles vivent dans de vieux troncs d'arbres,
-les lapins vivent dans des terriers...
La haie est aussi le lieu de reproduction pour de nombreux animaux :
-les oiseaux couvent dans leurs nids,
-les lapins et les hases ont leurs petits dans les haies
-les orvets ou la couleuvre ont leurs petits dans des pieds des haies.
1.5 Les maisons en terre |
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Dans la région des marais, les maisons en terre sont groupées en villages ou en hameaux (pas de maisons isolées). Elles sont construites en bordure de marais, dans le " haut marais ", partie non inondable pendant la forte crue hivernale que l’on appelle en terme local le " vâocre ". Le village CAPONNET est un exemple de ces maisons en terre construites depuis de nombreuses décennies. Pour accéder à ces hameaux, il est fréquent de longer une route bordée de peupliers ou de saules.

Toutes les maisons en terre ont été édifiées en bordure de marais :
pour ne pas gaspiller le bon terrain qu’il fallait exploiter au maximum : la bonne terre permettait l’élevage et les cultures (blé, seigle… )
pour profiter des rivières navigables (Douve et Merderet ) pour transporter sur les gabarres les matériaux nécessaires à la construction ( pierre de Doville, chaux de Liesville sur Douve ) mais également les personnes, les animaux et la tangue (argile + sable) qui servait d’engrais.
Pour éviter les inondations de l’hiver, il fallait bien observer les zones inondables et tenir compte des témoignages des ancêtres. Il est à noter que, de nos jours, les parties inondables sont plus importantes qu’autrefois en raison :
d’un entretien insuffisant du marais
d’un changement d’agriculture ( ruissellement plus important et plus rapide des eaux)
Elle était étrangère à la région ; il fallait aller la chercher dans les carrières et en assurer le transport par chariots (route) ou par gabarres (rivière). L’abondance de pierre dans la construction était un signe de richesse.
On la trouvait directement sur place et elle permettait souvent de creuser une mare qui fournissait l’eau pour le chantier et servait ensuite d’abreuvoir pour les animaux.
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pour éviter que l’humidité du sol remonte dans le mur proprement dit, pour empêcher que le pied du mur ne soit attaqué par l’eau qui s’égouttait du toit ( il n’y avait pas de gouttière ) pour offrir une meilleure résistance vis à vis des animaux (rats, porcs, vaches…) |
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Ils étaient édifiés en mâsse ou pisé ( argile + fibre). La préparation de la masse (pétrissage de l’argile) était assurée par les animaux. Le mélange devait être assez élastique mais surtout pas trop liquide. On ajoutait ensuite un liant : paille , foin , jonc, crin…Le pétrissage de ce mélange était alors réalisé par les hommes et c’était une corvée pénible : il fallait s’arracher les pieds de cette glaise pendant des heures entières avec pour seul outil le croc ou la fourche. Le maçon procédait alors par levées successives, généralement de 60 cm à 1 m de hauteur. Un mois ou davantage s’écoulait entre chaque levée. L’encadrement des fenêtres et des portes ainsi que la cheminée (généralement dans le pignon) étaient réalisés en pierre. |
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Le matériau de couverture (chaume ou ro ) était fixé avec de la ronce. Les grandes ronces étaient coupées par bouts de 1.30m , ébarbées puis fendues en trois pendant les soirées d’hiver .
La couverture était montée de bas en haut et son épaisseur pouvait atteindre 30 cm. La toiture se terminait par un faîtage en terre appelé le " capet " : on y plantait des iris qui retenaient la terre grâce à leurs racines. De nos jours , ces toits en chaume ou en roseaux ont été remplacés par des toits en ardoise : les artisans sont de plus en plus rares et le matériau coûte cher.
Les toits étaient plus inclinés :
une maçonnerie a été ajoutée sur le pignon des maisons, entre l’argile et le toit,
des pierres saillantes témoignent de l’emplacement de l’ancienne toiture sur les cheminées.

Il était réalisé avec un mélange à base de chaux mais on en connaît mal sa composition. Cet enduit protégeait la mâsse mais rares sont les murs qui l’ont conservé.

Durant des siècles les marais ont été des étendues d'eau souvent saumâtres et inhospitalières pendant des mois. De nombreuses maladies, comme les fièvres, s'y développaient.
Ils appartenaient, comme toutes les terres, aux seigneurs locaux. Au XIII siècle, Thomas de Thibauville à Tribehou autorisa les paysans à y mettre leurs animaux , à faucher l'herbe , à ramasser la tourbe ou les bouses de vache en échange de prières.
Au XVIII siècle , la construction des portes à flot de Carentan a permis une meilleure mise en valeur des marais car l'eau de mer ne rentrait plus dans les terres. Son utilisation a souvent été communautaire avec notamment les droits de marais, les mises au marais, les gardes collectives , et les bergers ...
Au XIX siècle de nombreux marais ont été cédés à des particuliers qui y ont creusé des limes : celles-ci servent de limites de propriété et permettent l'écoulement des eaux hivernales. Elles nécessitent un curage régulier. L'agriculture moderne intensive ne favorise guère l'utilisation des marais. Heureusement, malgré ces contraintes, de nombreux agriculteurs y restent attachés . Les marais restent un élément important de notre environnement.
En hiver, les marais sont couverts d'eau. Les rivières et les ruisseaux se gonflent et débordent. On retire alors les animaux. Le printemps arrivé, les bovins sont mis au marais pour plusieurs mois pendant la belle saison, de mai à novembre.
Il y a deux parties dans le marais, une pour les gens de la commune et l'autre pour les horsains. Tout le monde peut venir s'inscrire pour avoir une parcelle. Dans les marais l'été on peut faucher les parcelles pour ensuite récupérer le le foin. Il y a un garde- marais qui vient le matin voir si les bovins sont tous là. Il revient le soir.
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Avant de mettre les bovins au marais on les marque. Le garde prend les numéros des bêtes pour les identifier plus facilement. Quand il y a une bête qui ne va pas bien il appelle le propriétaire pour qu'il vienne la chercher. Les limes permettent de séparer les différentes parcelles. En automne tous les ans, les propriétaires des différentes parcelles doivent effectuer le curage des côtés et des fonds des limes. |
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Au mois d'avril quand l'eau s'est retirée dans le lit des rivières il reste une couche fertilisante de limon. En été le marais verdit quand la végétation pousse puis jaunit quand les graminées sont plus sèches. Le marais, l'été se vide donc le plan de l'eau diminue peu à peu. Les animaux repartent à la fin de l'automne. L'eau sourd de toutes parts en formant une nappe miroitante que rien ne saurait arrêter, on dit alors que le marais blanchit avant la Toussaint, il blanchira sept fois avant Noël, prétend un proverbe local. Le marais devient alors un immense plan d'eau. La couleur reflète celle du ciel : gris, bleu ou blanc. La pêche en rivière se faisait dans chaque commune arrosée par la Douve, la Taute ou la Vire : saumons, truites, brochets, perches, carpes et tanches n'étaient pas négligées, l'anguille était plus appréciée. Lorsque le marais "blanchit " le pécheur se fait chasseur à l'affût du gibier d'eau. En hiver parfois le marais blanchit gèle. Il devient alors un vrai miroir où se posent quelques oiseaux à la recherche d'une nourriture rare.
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Dès le mois d'octobre apparaissent les premiers oiseaux venus du froid. Leur voyage les emmène vers la péninsule ibérique ou vers l'Afrique. Tout au long de cette période de migration, les marais vont servir d'escale.
La cigogne blanche
En allant voir les maisons en terre nous avons vu un nid de cigogne qui était placé au milieu d'un champ. La cigogne blanche est un grand oiseau qui ne passe pas inaperçu. Son plumage est blanc, son bec et ses pattes sont rouges. Généralement, le mâle est un peu plus grand que la femelle. Quand le mâle rentre d'une migration il n'a jamais la même femelle, mais il garde le même nid.
Les vanneaux huppés
Nous avons aussi observé des vanneaux se déplacer en voliers, au-dessus des chevaux et des vaches dans le marais. Sa tête est munie d'une grande huppe noire. Nous les avons cherchés dans un livre.
Le héron cendré Le héron cendré est un échassier un peu plus petit que la cigogne. Son plumage est gris, avec la tête et le cou blancs. La tête est cernée d'une bande noire se dressant sur la nuque. En vol, il tient le cou replié en forme de S. Le héron cendré vit en colonie pendant la période de reproduction. Il raffole de grenouilles.

On trouve des traces de la navigation des gabarres à partir du XIIe siècle. C'est au XVIII et au XIX que les gabarres ont été les plus nombreuses : plus de deux cents.
Elles étaient surtout construites à TRIBEHOU.

La gabarre pouvait naviguer de plusieurs manières :
- avec une voile carrée qui s'enroulait autour de la vergue.

-avec une corde de 200 mètres qui s'appelait "grélin" et qui était tirée de la berge, du chemin de halage.
-avec une gaôle ou Fourquet

Elles transportaient de la tangue, des cailloux pour les routes et les maisons, du foin, de la chaux, des gens qui partaient en pélerinage, et du "fourbi" (diverses marchandises).

Les gabariers vivaient à bord de la gabarre dans un petit abri situé à l'avant. Un des derniers gabarriers, Pierre Fiquet raconte : " C'était très dur de vivre à bord on a été coincé dans la baie des Veys pendant une semaine. C'était pas rigolo, on a failli déssaler plusieurs fois."
Les gabarres circulaient surtout sur la Douve, la Vire et la Taute. D'autres circulaient également sur la Soulles.
Elles mesuraient jusqu'à 17,5 mètres de long, 5 mètres de large et 1 mètre seulement de hauteur.
Les madriers du fond et les varangues du côté étaient en chêne. Le fond était en orme, Le haut du bordé était en sapin et changé régulièrement.
Les gabarres était baptisées avant leur première mise à l'eau .Un repas de baptème était servi à bord. Le menu se composait de soupe, pot-au-feu, langue de bœuf, gigot, pas de légumes de la brioche, ou de la gâche, et du riz.
