"Le Partisan",
une chanson du maquis


Cette chanson célèbre, en hommage à toutes les personnes tombées pour la liberté, a été très souvent reprise. Elle illustre très bien ce qui s'est passé au maquis de Saint-Clair en 1944.

Elle a été écrite par des Résistants à Londres en 1943 (Paroles : Emmanuel d’Astier de la Vigerie, Musique : Anna Marly) sous le nom de "la complainte du partisan", mais dont la première version officiellement déposée avec copyright fut celle de Hy Zaret (en anglais).

La version la plus célèbre est celle de Léonard Cohen ("The Partisan", 1969) qui a la particularité d'avoir mélangé le français et l’anglais.


Ci-dessous, la version de Léonard Cohen avec des commentaires :    

Texte original
Traduction
Interprétation
When they poured across the border
I was cautioned to surrender,
This I could not do;
I took my gun and vanished.
Quand ils ont déferlé par la frontière
J'ai été sommé de me rendre
Ce que je ne pouvais pas faire
J'ai pris mon arme et j'ai disparu

A la base, la Résistance,
ce sont d'abord des gens qui disent non à la défaite de 1940.
C'est entre autres le cas de Jean Renaud-Dandicolle, refusant
que Pétain ait demandé l'armistice, mais aussi celui de Lenevez, Masseron, Foucu et bien d'autres dès 1940-1941.

I have changed my name so often,
I’ve lost my wife and children
But I have many friends,
And some of them are with me.
J'ai changé si souvent de nom,
J'ai perdu ma femme et mes enfants
Mais j'ai beaucoup d'amis
Et certains sont avec moi

Les Résistants doivent agir
dans le secret. Les représailles
pouvaient s'exercer sur la famille.
Ils doiven
t parfois mentir à leur famille
pour la protéger. La Résistance a
été aussi un formidable mouvement
de camaraderie.

An old woman gave us shelter,
Kept us hidden in the garret,
Then the soldiers came ;
She died without a whisper.
Une vieille femme nous a abrités
Nous a cachés dans le grenier
Alors les soldats sont venus
Elle est morte sans un soupir

Certaines personnes prenaient
des risques au péril de leur
propre vie : c'est le cas des
Grosclaude dont la ferme abrita
l'état-major et qui le payèrent 
de leur vie en 1944.

There were three of us this morning
I’m the only one this evening
But I must go on ;
The frontiers are my prison.
Nous étions trois ce matin
Je reste le seul ce soir
Mais je dois continuer
;
Les frontières sont ma prison.

Chaque jour, il y avait un risque
de se faire prendre ou tuer.
La répression allemande était forte. Les
Résistants sont comme enfermés
et ne peuvent pas fuir la France.
Il était exceptionnel qu'il fassent
l'aller-retour avec Londres
(seul Renaud - Dandicolle le fit).
Oh, the wind, the wind is blowing,
Through the graves the wind is blowing,
Freedom soon will come;
Then we’ll come from the shadows.
Le vent, le vent souffle
A travers les tombes, le vent souffle
La liberté reviendra
Alors nous sortirons de l'ombre

La mort était omniprésente
mais il ne faut pas perdre espoir.
Au moment choisi (celui du 6 juin),
annoncé par le message radio "le champ du laboureur...", les Résistants du maquis passèrent à l'action et se sont battus
au grand jour au côté des Alliés.
Les Allemands étaient chez moi,
Ils me dirent, résigne toi,
Mais je n’ai pas peur ;
J’ai repris mon arme.
J’ai changé cent fois de nom,
J’ai perdu femme et enfants
Mais j’ai tant d’amis ;
J’ai la France entière.
Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés,
Les Allemands l'ont pris ;
Il est mort sans surprise.

(Partie de la chanson de
Léonard Cohen chantée
directement en français)


Un témoignage correspond aux strophes de cette chanson :

"Nous savions que nous courions de gros risques, mais nous ne voulions pas y penser. En fait, une seule chose nous importait : participer à la Victoire et mettre les Allemands hors du territoire national. On était jeune (une vingtaine d'années) et on voulait agir et se battre.(...) L'origine sociale des uns et des autres, les opinions politiques n'avaient entre nous aucune importance (...) En fait, nous formions comme une famille, mieux encore même, une famille vraiment solidaire." Philippe DUREL

Histoire de la chanson

Après sa création pendant la guerre, cette chanson est devenue populaire dans les années 1950. Elle a été très chantée dans les colonies de vacances. Mais ensuite, elle a été éclipsée par "le chant des partisans" de Kessel et Druon. Elle est désormais moins connue que cette dernière chanson.

Son succès est relancé avec la reprise de Léonard Cohen en 1969, qui est désormais la version la plus connue.

En France, elle a été reprise par Isabelle Aubret, Leny Escudero, Mouloudji et dernièrement Noir Désir.

A l'étranger, elle a été chantée entre autres par Joan Baez.

Les différentes versions contiennent parfois des modifications, comme cette strophe qui fait partie de l'original français, mais rarement chantée dans les reprises

Personne ne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez
Effacez mon passage.

Cette chanson est universelle et convient à tous les résistants du passé et du présent.



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