L'organisation du maquis de Saint-Clair
Le maquis est constitué à partir de groupes de Résistants ruraux,
en lien avec les centres urbains
Un maquis est une structure de Résistance reconnue
officiellement au sein des Forces Françaises de
l'Intérieur. Jusqu'au début de 1944, les groupes de
Résistance de ce secteur dépendaient du BCRA
(renseignements de la France Libre), relayé sur le terrain par
le réseau Centurie de l'OCM. Puis le tout a été coordonné à partir de février 1944. Le maquis
était dirigé par Jean RENAUD- DANDICOLLE, qui recevait
ses ordres de la direction de la Résistance sur la région
(notamment de l'Organisation Civile et Militaire et de Léonard Gille)
et de Londres (puisque RENAUD-DANDICOLLE était officier du SOE).
Le but du maquis était simple : mener une guérilla sur
les arrières des Allemands pour créer une situation
d'insécurité quand aurait lieu le débarquement.
Les ordres de Londres
arrivaient par messages radio codés de la BBC à 21 h 15 chaque soir
(Jean RENAUD-DANDICOLLE ayant été parachuté avec
une radio gérée par LARCHER).
Les deux messages principaux furent "le cerf-volant tire la ficelle" le 3 juin 1944 (annonçant un parachutage important) et "le champ du laboureur dans le matin brumeux"
le 5 juin 1944 (annonçant le débarquement et les actions
offensives du maquis). On trouve parfois l'orthographe "chant" au lieu
de "champ".

Exemple de radio utilisée par les Résistants.
Le maquis regroupait plusieurs groupes dont les principaux sont ceux :
- d'André LENEVEZ, autour de Cesny-Bois-Halbout.
- de Jean FOUCU à Barbery et d'Henri LAMPERIERE, à Bretteville /
Laize
- d'André MASSERON, à Bretteville / Laize
Mais aussi les groupes de Barbery, Pont-d'Ouilly, Argences, Troarn, St-Pierre / Dives.
Au total, le maquis comprenait
entre cinquante et cent personnes en juin 1944 (contre une dizaine en 1942 qui ont constitué le noyau actif du
maquis). La moitié se destinait aux opérations militaires et
aux parachutages, l'autre au renseignement (surtout la surveillance des
convois allemands, transmis à Londres pour être
bombardés rapidement) et aux caches. Le maquis reçut
l'aide de groupes de gendarmes locaux (à Pont d'Ouilly,
Thury-Harcourt, Bretteville / Laize).
La population rurale locale était au courant de la présence des maquisards mais n'a rien dit.
Lors de son engagement dans le
maquis, chaque membre écrivait quelques vers sur un bout de
carton, qui était déchiré en deux ensuite. Le
Résistant en conservait un, comme preuve de son appartenance au
maquis.
Le quartier
général du maquis était situé à la
ferme de René et Grosclaude, à Pierrefitte-en-Cinglais,
à Donnay (photo 2006).
Aujourd'hui,
la ferme a été reconstruite au même endroit (en étant décalée sur la droite),
puisque le bâtiment d'origine a été incendié
par les Allemands suite à l'arrestation du 8 juillet 1944. Les bois étaient plus proches.
Contrairement aux grands maquis de montagne, il n'y avait pas de camp
de maquisards fixe. Chaque Résistant continuait à vivre chez
lui, ce qui posait des problèmes lorsqu'il fallait
prévenir tout le monde. Les liaisons se faisaient la
plupart du temps à vélo, parfois en moto.