La chronologie du maquis de Saint-Clair
De 1940 à 1944,
le maquis a été constitué à partir de
groupes ruraux actifs dès le début de l'Occupation.
Les actions du maquis se déroulent à la campagne.
C'est à la campagne que le maquis
est
démantelé.
1940
Des groupes, dont celui de LENEVEZ,
constituent des caches d'armes dans le secteur du maquis,
récupérées sur les soldats français en fuite dans l'éventualité de la poursuite du conflit. Un
de ces dépôts se situe dans le grenier de la gendarmerie
de Bretteville / Laize.
1941
L'aspirant Jean FOUCU (de Barbery) démobilisé de
zone non-occupée, est en contact avec un officier des
services spéciaux anglais.
Un groupe de Résistance de Caen (l'Armée des Volontaires) recrute dans le secteur du maquis (dont MASSERON).
14 juillet : LENEVEZ peint des drapeaux tricolores à Cesny-Bois-Halbout et honore le monument aux morts.
1942
L'Armée des
Volontaires est décapitée par la répression
allemande. Beaucoup de ses membres rejoignent l'OCM.
1943
Premier parachutage d'armes dans
ce secteur, récupéré par LENEVEZ, pour le compte de l'OCM
Après la création par Vichy et les Allemands du
S.T.O, les différents groupes fournissent aux réfractaires
des faux papiers d'identité et de travail.
Cache de membres de l'OCM fuyant la répression de la Gestapo à Caen.
mai : le gendarme LAMPERIERE crée, sous les
directives de Jean FOUCU, un groupe de renseignements,
d'évasion et de récupération
d'armes indépendant de celui de MASSERON.
8 septembre :
ROBINEAU participe à un parachutage avec LE NEVEZ. FOUCU et
LAMPERIERE organisent la répartition du matériel dans
leur secteur.
1944
janvier :
parachutage de RENAUD-DANDICOLLE, avec la mission de coordonner les
groupes O.C.M. pour constituer un maquis, afin de gêner
l'arrière des troupes allemandes dans
l'éventualité d'un débarquement.
5 Février :
création du maquis. LENEVEZ est appelé pour aller
chercher le "colis" à la maternité de Bénouville (centre de Résistance cachant de nombreux réfractaires sous les ordres de Madame VION) : le "colis" est RENAUD-DANDICOLLE, par
l'intermédiaire de LEVEILLE (Résistance PTT) qui le conduit sur les lieux du maquis. Puis les
groupes FOUCU- LAMPERIERE, MASSERON et LENEVEZ fusionnent sous les
ordres du "Capitaine Jean".
fin avril : la B.B.C diffuse le message "le cerf-volant tire la ficelle", annonçant un parachutage à Saint-Clair. Mais l'opération n'a pas lieu.
18 mai 23 h 30 : ce
même message est diffusé et cette fois l'avion est au
rendez-vous. Sous les ordres du "capitaine JEAN", une équipe
comprenant LE NEVEZ père, FOUCU, BERNIER Georges et Lucien, DAN, HERICY,
GROSCLAUDE, JOUSSET, ABAVENT, LEBARON, LECOQ, DELARUE
réceptionne ainsi environ cinq tonnes d'armes, munitions et
explosifs, avec l'aide de la gendarmerie de Pont d'Ouilly.
3 juin : un nouveau parachutage, sur le même
terrain, complète l'équipement du groupe. Outre les
armes, munitions et explosifs, celui-ci comprenait aussi des postes
récepteurs
de radio miniaturisés pour permettre aux isolés de capter
les messages de la B.B.C en n'importe quel lieu. Il comprenait
également des pansements, du ravitaillement et même des
cigarettes, ainsi qu'1 million de francs dans une enveloppe
cachetée (partagés entre LARCHER, LENEVEZ et RENAUD-DANDICOLLE).
5 juin au
soir : le message "le champ du laboureur dans le matin brumeux"
fut diffusé par la
radio anglaise pour que les responsables du maquis apprennent
l'imminence du débarquement. Immédiatement
c'est l'alerte générale et les consignes reçues par le
"capitaine JEAN" pour cette éventualité doivent être
appliquées : trois actions (sabotage de la voie ferrée,
attaque d'un convoi allemand, transport d'armes et explosifs). Les armes et explosifs sont
distribués aux maquisards, rassemblés à la ferme.
Une équipe sabote la voie ferrée Caen-Flers à la
Halte de Grimbosq.
6 juin : une équipe attaque un convoi allemand à l'étang de Meslay.
Une autre (LAMPERIERE et PRUDHOMME) transfère des armes dans la
mine d'Urville, au profit des francs-tireurs de Bretteville qui
bloquent les routes en coupant des arbres. BERNIER sème des
crève-pneus à
Pont d'Ouilly. Le but de toutes ces actions n'est pas d'affronter
l'armée allemande, mais de la ralentir, voire de la stopper pour
la mettre à la merci des chasseurs-bombardiers alliés et
de créer un sentiment d'insécurité.
Mi-juin : à cause de la
concentration des troupes allemandes, essai de transfert du maquis sur
le Moulin des Loges (échec et accrochage avec les Allemands). La
guérilla se limite ensuite à l'abattage d'arbres et aux
crève-pneus, à la récupération des aviateurs
alliés et au renseignement. La ferme CAILLE à St-Sylvain
devient le relais avec le front de Caen.
25 juin :
dans un bureau
abandonné de la mine d'Urville, une rencontre a
lieu réunissant RENAUD-DANDICOLLE, Léonard GILLE
(président du comité départemental de Libération), LENEVEZ,
FOUCU, MASSERON, LAMPERIERE. A la suite de cette
réunion, des mitraillettes, des explosifs, et des munitions sont
prélevés sur le dépôt au profit de la
résistance caennaise.
Fin juin : le groupe de Bretteville / Gouvix qui s'était
installé dans la mine doit déménager en une heure
le matériel entreposé, l'armée allemande
récupérant la mine pour sa propre protection.
7 juillet : face à la concentration croissante des
troupes allemandes, RENAUD-DANDICOLLE décide le transfert du QG
en Mayenne. RENAUD-DANDICOLLE, FOUCU, LARCHER, CLEARY restent passer la
nuit à la ferme GROSCLAUDE. Un autre parachutage est en préparation.
8 juillet :
alors que les GROSCLAUDE étaient partis traire leurs vaches,
RENAUD- DANDICOLLE et FOUCU sortent de la maison. C'est alors que
deux sous-officiers
allemands (de la division SS Das Reich) arrivent à la ferme,
probablement pour la réquisitionner ou se fournir en ravitaillement (à moins que ce ne
soit le résultat d'une recherche). RENAUD-DANDICOLLE abat un Allemand qui lui
demandait ses papiers, mais l'autre
a le temps de donner l'alerte. Les troupes allemandes
cernent la ferme. Les quatre Résistants tentent
leur chance en essayant de s'enfuir chacun dans une direction, mais
seul FOUCU réussit à échapper aux Allemands. Les
autres sont récupérés (RENAUD-DANDICOLLE à
2 km) et abattus (CLEARY et LARCHER à 500 m). Le chien des
GROSCLAUDE, qui s'étaient cachés, les trahit involontairement en les
retrouvant. Ils sont aussi abattus, après avoir
été torturés par la Gestapo, dont Herbert von Bertholdi,
surnommé "Albert". Le dépôt d'armes et de
matériel est trouvé par les Allemands, qui
volent aussi les bijoux de la fermière et l'argent du
couple. La ferme est ensuite incendiée.
Juillet : le maquis est
privé de matériel et de commandement. Les groupes de base
de LENEVEZ (qui prend la direction du maquis) et de MASSERON continuent la lutte (guérilla, guides
des Alliés, renseignements). FOUCU et LAMPERIERE essaient de
rejoindre les lignes anglaises, en vain, puis se replient sur d'autres
groupes.
18 juillet : les Canadiens franchissent
l'Orne .
20 juillet : les Allemands font évacuer totalement St-Sylvain.
23 juillet : bataille dans le village de Cesny-Bois-Halbout, repris plusieurs fois.
17 août: tout le
secteur
où avait opéré le Maquis de Saint-Clair est libéré et les Résistants peuvent coopérer en
uniforme avec les
Alliés.
septembre 1944 : début
d'un retour à une vie normale pour une partie des maquisards,
dans un contexte difficile (pénurie, danger des mines et des
obus non explosés)