1993
    Le massacre de Waco

"Cela faisait cinquante et un jours que nous étions postés devant le "ranch de l'Apocalypse", à revivre cet assaut raté du dimanche 28 février 1993, au cours duquel quatre agents du BATF (Bureau des Alcools, Tabacs et Armes à Feu) furent tués et seize furent blessés. Tout portait à croire que le lundi 19 avril serait un jour comme les autres dans cette guerre des nerfs qui ne semblait pas trouver d'issue, car les membres de la secte ne donnaient pas de signes de fatigue, malgré les moyens déployés pour essayer de les déloger (électricité coupée, réveil en fanfare tous les matins). Pourtant, le lundi 19 avril 1993, je fus témoin d'une scène d'horreur, que je ne suis pas près d'oublier: persuadée que le risque de suicide collectif était très improbable, l'attorney general (ministre de la Justice) Janet Reno, avec l'accord du Président Clinton, ordonne qu'on en finisse. A 6 heures du matin, un de nos blindés perfore le mur extérieur d'un des bâtiments de la ferme et y injecte du gaz CS (gaz lacrymogène non mortel ne provoquant ni flammes, ni étincelles). Les davidiens ripostent par une volée de balles à laquelle nous ne répondons pas. A 8 heures, puis à 9 heures, un blindé défonce des portes de la ferme. Mais, vers midi, une épaisse fumée noire se dégage du ranch  attisé par un vent puissant, le feu se propage très vite à tous les bâtiments. Tout à coup, des boules de feu et des explosions se succèdent, comme si des dépôts de munitions et d'explosifs étaient touchés. En moins d'une heure, le "ranch de l'Apocalypse", jamais si bien nommé, n'est plus qu'un amas de décombres fumants, vers lequel se ruent pompiers et policiers dès lors qu'il n'y a plus de risques d'explosion. A l'intérieur, un spectacle d'une grande atrocité s'offre à nous: sur le sol, gisent 72 corps carbonisés  parmi eux 17 enfants"

C'est en larmes que ce grand gaillard de 30 ans termine son récit. Il effectuait une de ses premières missions avec le FBI (Federal Bureau Investigation) lorsque le drame survint.
La responsabilité des autorités semble fortement mise en cause dans ce massacre. Qu'y avait-il donc en jeu qui justifiât le risque d'un assaut de la police après cinquante et un jours de siège ? Le coût de l'opération (le siège représentait une dépense de un million de dollars par semaine) ? Le sort des enfants ? La réputation du FBI ? Les réponses données sont très indécises  cependant il semble clair que des anciens membres de la secte et que la plupart des experts aient exclu tout risque de suicide collectif.

Le véritable coupable est sans doute le chef des Davidiens, Vernon Howell, alias David Koresh, un personnage étrange, paranoïaque (il avait transformé le ranch en une forteresse militaire) et à l'appétit sexuel développé (il vivait entouré d'un harem permanent d'une vingtaine de femmes certaines adolescentes). Le suicide collectif qu'il ordonna fut un véritable carnage et eut d'importantes répercussions politiques aux Etats-Unis et dans le monde.

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Etienne GOURLAY 2nde 1 Lycée Charles de Gaulle