TORIGNI-SUR-VIRE
Aile sud, seul élément restant du château des Matignon Aile sud (aujourd'hui mairie), côté cour avec vue sur les étangs


Mille ans d'histoire torignaise

    La petite ville de Torigni est riche d'un passé fort lointain et plein d'intérêt. Son nom lui-même  a donné lieu à diverses interprétations plus ou moins fantaisistes : la plus vraisemblable est celle qui renvoie au toponyme gallo-romain Tauriniacum, qui signifie "la terre de Taurinus".

    Il  faut toutefois attendre le 11e siècle, -celui du tout puissant duché de Normandie-, pour que des faits solidement établis donnent quelque consistance à l'histoire d'une petite localité qui occupe aujourd'hui le rang d'un chef-lieu de canton au cœur du bocage normand !

    On sait, en effet, qu'à cette époque, Hamon Dentu, seigneur de Creuilly et autres terres, détenait aussi Torigni... Il mourut en 1047, laissant un fils, Robert Hamon, qui, -après la conquête de l'Angleterre en 1066-, devint comte de Glocester et de Bristol. Ce Robert épousa la fille d'une importante et belliqueuse famille normande : celle des Montgomery. De l'union ainsi contractée naquit Mabille, qui épousa Robert de Kent, (fils naturel d'Henry Ier Beauclerc, roi de 1100 à 1135). Ce bâtard devenait donc à son tour comte de Glocester. LE PREMIER CHÂTEAU DE TORIGNI LUI EST DÛ. Prenant le parti de sa soeur, Mathilde, contre Étienne de Blois, nouveau roi en 1135, ce dernier fit raser tous les ouvrages défensifs qu'il possédait  en Angleterre. Il mourut en 1147, laissant quatre fils. Deux d'entre eux, portant le même nom de Guillaume, furent successivement comtes de Glocester et barons de Torigni. Des deux autres qui portèrent le nom de Richard, l'un devint évêque de Bayeux. Enfin une de leurs filles, Hawise, épousa Jean-sans-Terre et fut répudiée par lui en 1200.

    En 1204, la Normandie est rattachée à la France, suite à l’engagement militaire de Philippe Auguste. Celui-ci cède Torigni à Gaucher de Châtillon, comte de St-Paul, père de Gaucher, connétable de France, sous Philippe le Bel. Ce dernier échange Torigni, qui était revenue à la couronne au 13e siècle, contre les biens de Pierre de Chambly.

    Sous Charles V, Torigni appartient à Jean de Vienne (…-1390) qui vend cette terre en 1370 à un de Mauny, cousin et compagnon de du Guesclin (lequel possédait déjà le château de Hambye).

    Deux ans plus tard, en 1372, Olivier de Mauny devint capitaine général de Normandie et chambellan de Charles V. Son fils, qui portait le même nom que lui, recueillit ses biens. Mais il en fut dépossédé par les Anglais en 1418. Henry V le fit emprisonner et le libéra peu de temps avant sa mort.

    Sous la domination anglaise, Torigni appartint au chevalier anglais Topham. Elle fut reprise en 1450 par le connétable de Richemond.

    O. de Mauny épousa Catherine de Thiéville, héritière des seigneurs du Mesnil-Garnier, qu'elle réunit à Torigni. En 1450 Jean de Matignon, grand écuyer de France, devint à son tour baron de Torigni, en épousant leur fille unique, Marguerite. Ce mariage fut le point de départ de l'une des plus spectaculaires ascensions sociales que la noblesse d'Ancien Régime ait pu connaître. Fervents défenseurs de la monarchie et du catholicisme, les Matignon en épousèrent la cause à maintes reprises et cumulèrent avantages, biens et titres.   

 

Collège Albert-Camus, Torigni sur Vire